Actualités financières au 7 septembre 2026

Nous vous proposons ci-dessous un nouveau bilan hebdomadaire des marchés de la semaine passée. Bonne lecture.

BILAN DES MARCHES

Le baril rallume les taux

Les newsletters se suivent et pourraient bien se ressembler. Ormuz, « good news is bad news », et les taux qui grimpent. Vous relisez celle de la semaine dernière, vous changez trois décimales, et vous êtes à jour. Voilà notre quotidien depuis le 28 février et le lancement de l’opération « Epic Fury » contre le programme nucléaire iranien. Donald Trump l’annonçait alors comme « une opération massive et continue », en expliquant qu’il ne s’agissait pas « d’y retourner tous les deux ans ». Notre anglais étant, reconnaissons-le, parfois imparfait, la traduction était peut-être plutôt « nous y serons pour un bon moment »

Et c’est très exactement ce que le marché obligataire est en train d’intégrer : non pas un choc ponctuel que l’on amortit, mais un régime durable. D’où la semaine que nous venons de vivre, où un excellent rapport sur l’emploi américain a fait baisser les actions, et où l’on se retrouve dans une situation que peu avaient anticipée en janvier (nous y compris), c’est désormais une hausse de taux que l’on redoute, des deux côtés de l’Atlantique.

La première décision est attendue jeudi du côté de Francfort et les chiffres publiés lundi ont levé le peu de suspense qui restait.

L’inflation de la zone euro est remontée à 3,3 % en août, contre 2,9 % en juillet, son plus haut niveau depuis trois ans. Un mouvement dont l’origine ne fait aucun mystère : l’énergie bondit de 14,3 % sur un an, après 10,3 % le mois précédent.

Le reste du panier raconte pourtant une tout autre histoire. Les services décélèrent à 3,0 %, contre 3,3 % en juillet. L’alimentation reste stable à 1,2 %. Autrement dit : hors énergie, la désinflation que nous suivons depuis dix-huit mois se poursuit tranquillement. Ce n’est pas l’économie européenne qui surchauffe, c’est un baril qui coûte 95 dollars.

La vraie question que l’on peut se poser et qui revient dans nos échanges quotidiens, la banque centrale a-t-elle raison de relever ses taux dans ce contexte ?

En effet un raisonnement cartésien voudrait que l’on considère sans trop prendre le risque qu’une hausse du taux de dépôt n’a jamais rouvert un détroit ni fait sortir un baril de terre.

C’est oublié que les marchés fonctionnent avant tout dans l’anticipation et que les banques centrales s’y plient.

Comprenons que si les ménages et les entreprises commencent à croire que 3 % est la nouvelle norme, ils l’intègrent dans les salaires et les prix, et le choc temporaire devient permanent. La BCE ne monte pas ses taux contre le pétrole. Elle les monte contre l’idée que le pétrole va durer. C’est aussi pour cela que le discours reste prudemment « graduel », et que le scénario central des observateurs est celui d’une hausse suivie d’un plateau, pas d’un cycle façon 2022.

De l’autre côté de l’Atlantique, la démonstration nous a été faite vendredi, et de manière assez spectaculaire.

Le rapport sur l’emploi américain d’août affichait 162 000 créations de postes. Le consensus tablait sur 55 000. Trois fois mieux, donc. Le chômage reste à 4,1 %, et les deux mois précédents ont même été révisés en hausse de 55 000 postes au total. Juillet, qui affichait une destruction nette de 23 000 emplois, repasse en positif à +21 000.

Et nous revoilà dans le « good news is bad news », ce raisonnement contre-intuitif qu’il faut savoir traduire, ce n’est pas la nouvelle qui compte c’est ce qu’elle change pour la Banque centrale.

Une économie qui crée trois fois plus d’emplois que prévu, c’est une économie qui n’a besoin d’aucun soutien.

Donc une Fed sans aucune raison de baisser ses taux. Et, en ce moment, quelques raisons de les monter.

Les taux ne s’y sont pas trompés. Le 2 ans américain est monté à 4,37 %, au plus haut depuis un an, le 10 ans est remonté vers 4,78 %. Et la probabilité d’une hausse lors de la réunion des 15 et 16 septembre est passée de 49,4 % à 60,4 % en une seule séance.

Prenons la mesure de ce chiffre. En janvier, tout le monde discutait du nombre de baisses que la Fed allait consentir en 2026. Aujourd’hui, on discute d’une hausse.

Un mot tout de même sur la qualité du chiffre, parce que le titre est plus flatteur que le détail. Sur les 162 000 postes, la restauration en pèse 59 000 et l’éducation publique locale 42 000, tandis que le secteur de l’information en perd 23 000. Ce sont donc les secteurs domestiques et peu qualifiés qui portent la statistique. Quant aux salaires, ils progressent de 3,1 % sur un an, ce qui reste compatible avec la cible d’inflation. Il n’y a pas de boucle prix-salaires aux États-Unis.

Cela ne nous n’empêchera pas d’ouvrir le parapluie avant les chiffres des prix à la consommation qui seront publiés vendredi prochain.

Bonne semaine à toutes et à tous !

Bonne semaine à toutes et à tous !

Rédigé par Vincent BARBIER, gérant Proximité Partenaires Conseils.
Signature Vincent Barbier

Les informations contenues dans cette newsletter sont arrêtées en date du 31/08/2026 et ne sont donc pas valables dans le temps.

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