Nous vous proposons ci-dessous un nouveau bilan hebdomadaire des marchés de la semaine passée. Bonne lecture.
La dictature des attentes
Cette semaine, les marchés ont une nouvelle fois illustré la dictature des attentes, à travers la publication des résultats des entreprises et les espoirs de retour sur investissement. Depuis l’émergence de l’intelligence artificielle, marquant une véritable révolution industrielle, les investisseurs ont massivement pris position sur les grandes valeurs technologiques.
Chacun a, en quelque sorte, pris son ticket à gratter, espérant être exposé au prochain jackpot de l’intelligence artificielle. Pendant un temps, cette promesse a suffi. Les marchés ont accepté des investissements colossaux, des CAPEX en forte hausse et une rentabilité repoussée à plus tard, tant que le potentiel semblait illimité.
Mais aujourd’hui, le temps de l’enthousiasme aveugle laisse place à celui de l’exigence. Les investisseurs ne se contentent plus d’un récit : ils veulent désormais des résultats tangibles, mesurables et rentables. Et c’est précisément ce changement de regard qui explique la sévérité des réactions observées.
Le coup de grisou est survenu jeudi dernier, lorsque Microsoft, en dépit de résultats solides, a vu sa capitalisation boursière fondre en une séance d’un montant équivalent, peu ou prou, à la valorisation totale de LVMH. 347 milliards de dollars envolés en quelques heures, à ce niveau-là, on ne parle plus de correction, mais d’évaporation industrielle.
Dans l’histoire récente, une seule entreprise a fait mieux : NVIDIA, il y a un an, lorsque DeepSeek était venu chatouiller ChatGPT, façon Temu défiant le luxe technologique, provoquant la disparition d’environ 600 milliards de dollars de capitalisation en une séance !
Statu quo de la Fed
Sans surprise — et conformément aux attentes du marché —, la Réserve fédérale américaine a laissé ses taux d’intérêt inchangés. L’institution estime en effet que le marché du travail reste solide, avec un chômage à un niveau toujours bas, tandis que l’inflation demeure au-dessus de son objectif de long terme. Preuve que la décision était attendue par tout le monde, le président américain s’est même abstenu d’un tweet qualifiant le futur ex-président de la Fed de « nullard ».
Donald Trump se projette déjà dans l’après Powell et a levé le suspense en fin de semaine sur le nom du futur président de la Fed. En début d’année, j’avais parié sur Kevin Warsh dans la newsletter du 5 janvier 2026. Le favori de l’époque était un autre Kevin, Kevin Hassett, mais en désignant finalement un profil historiquement plus « faucon », le président américain a fait un choix à la fois consensuel et stratégique, coupant court au moins provisoirement aux critiques qui mettaient en cause l’indépendance de la Réserve fédérale américaine. Kevin Warsh : voilà un nom auquel il va falloir vous habituer.
Cet ancien conseiller spécial de George W. Bush bénéficie d’une expérience solide, puisqu’il a été nommé gouverneur de la Fed durant la crise financière, entre 2006 et 2011.
Ancien vice-président de Morgan Stanley, il a su séduire Donald Trump en édulcorant son discours sur la politique monétaire, le rendant plus Trump compatible. Il a notamment cherché à rassurer en estimant que l’impact des nouveaux droits de douane sur l’inflation serait temporaire, tandis que la hausse de la productivité permettrait de contenir durablement les pressions sur les prix. S’il demeure favorable à une réduction du bilan de la Réserve fédérale américaine, il considère qu’une baisse des taux directeurs pourrait accompagner ce mouvement afin d’éviter un durcissement excessif des conditions financières.
Ces prises de position n’ont pas été sans conséquence sur les marchés des changes et des matières premières. La perspective d’une politique monétaire américaine jugée potentiellement moins accommodante à moyen terme a contribué au renforcement du dollar, un mouvement classique dans ce type de configuration.
Or, un dollar plus fort a un effet mécanique sur l’or : coté en dollars, le métal jaune devient plus cher pour les investisseurs non américains, ce qui pèse à court terme sur la demande. À cela s’ajoutent des prises de bénéfices logiques, après la très forte performance de l’or depuis le début de l’année (+15 %).
Rédigé par Vincent BARBIER, gérant Proximité Partenaires Conseils.

Les informations contenues dans cette newsletter sont arrêtées en date du 02/02/2026 et ne sont donc pas valables dans le temps.
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