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Nous vous proposons ci-dessous un nouveau bilan hebdomadaire des marchés de la semaine passée. Bonne lecture.

BILAN DES MARCHES

Les marchés à l'épreuve de la guerre

Le bilan de la semaine sur les marchés fut encore positif, notamment en Europe.
Le CAC 40, en clôturant dans le vert, s’est ainsi apprécié de près de 4 % sur le mois de février, porté par la publication de solides résultats d’entreprises.

Mais parfois, le climat de marché peut basculer en quelques heures.

Vendredi soir, en quittant le bureau, je partageais avec mes collègues une information qui ne laissait présager rien de bon dans le conflit au Proche-Orient : l’ambassade des États-Unis à Al-Qods autorisait son personnel ainsi que leurs familles à quitter la région.

Au petit réveil, les services de renseignement américains et israéliens confirmaient la tenue d’une réunion exceptionnelle réunissant une large partie de la direction politique et militaire iranienne, ouvrant une fenêtre d’intervention particulièrement rare. Une frappe aérienne fulgurante était alors menée, détruisant en moins d’une minute le centre de commandement visé.

L’attaque entrainera la mort d’Ali Khamenei, ainsi que celle de nombreux hauts responsables militaires et sécuritaires iraniens, provoquant une onde de choc immédiate sur la scène internationale.

Je clôture le narratif géopolitique en introduisant ce qui va nous intéresser sur nos sujets communs, à savoir les répercussions économiques et financières de ce conflit.

Pétrole et inflation au cœur des inquiétudes

La première réaction s’est naturellement produite sur le marché pétrolier.

L’Iran occupe une position stratégique majeure, non seulement comme producteur, mais surtout par sa capacité à perturber le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, passage par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial.

Plusieurs risques apparaissent immédiatement : menaces sur la circulation des tankers, explosion des coûts d’assurance maritime, rallongement des routes commerciales, réduction potentielle de l’offre disponible.

Devons-nous craindre pour autant de revivre le choc pétrolier de 1973 ? La comparaison mérite d’être nuancée.

À l’époque, l’économie mondiale dépendait massivement du pétrole du Moyen-Orient, sans réelle alternative énergétique ni capacité d’adaptation rapide. L’embargo décrété par les pays producteurs avait alors provoqué une explosion durable des prix de l’énergie, entraînant inflation galopante, récession et bouleversement économique profond.

Le contexte actuel est sensiblement différent. Les économies développées sont aujourd’hui moins énergivores, les sources d’approvisionnement davantage diversifiées et les États disposent de réserves stratégiques importantes.

Les prix du pétrole pourraient néanmoins rester élevés à court terme, au-delà des 80 dollars le baril. Les marchés devraient être en mesure d’en absorber les effets immédiats, mais la trajectoire future dépendra avant tout de la durée d’éventuelles perturbations des flux énergétiques mondiaux, susceptibles de raviver les tensions inflationnistes.

Un tel scénario viendrait toutefois contrarier le pari effectué par les investisseurs ces dernières semaines. Le taux souverain américain à 10 ans étant repassé sous le seuil symbolique des 4 %, les marchés ont en effet intégré l’hypothèse d’une désinflation progressive, ouvrant la voie à de futures baisses de taux par les banques centrales.

Les marchés ont appris à regarder au-delà des crises

Est-il urgent de vendre l’intégralité de son PEA et de ressortir ses bas de laine ?

La question refait invariablement surface à chaque évènement majeur, souvent sous l’effet de l’émotion, lorsque l’actualité se remplit de bruits de bottes, rappelant soudainement aux investisseurs que la géopolitique peut brutalement s’inviter dans les marchés.

Rappelons qu’en 2022, les marchés actions avaient davantage souffert de la remontée brutale des taux d’intérêt et du choc inflationniste que de l’invasion russe en Ukraine elle-même. De la même manière, les attaques menées contre l’Iran en juin 2025, bien que d’une nature différente, et le déclenchement de la guerre dite "des douze jours" n’avaient provoqué qu’une correction limitée des marchés. Le recul des indices n’avait duré que quelques séances, les investisseurs considérant rapidement que les fondamentaux économiques mondiaux n’étaient pas remis en cause.

Il ne s’agit néanmoins ni de minimiser les risques liés aux tensions géopolitiques, ni d’en surestimer systématiquement l’impact sur les marchés financiers, mais de conserver une lecture prudente et rationnelle des évènements.

Sur le plan macroéconomique, nous scruterons en fin de semaine la publication du rapport sur l'emploi américain pour le mois de février, qui pourrait influencer la prochaine réunion de la Réserve Fédérale américaine, qui aura lieu dans 15 jours.

 

Bonne semaine à toutes et à tous !


Rédigé par Vincent BARBIER, gérant Proximité Partenaires Conseils.
Signature Vincent Barbier

Les informations contenues dans cette newsletter sont arrêtées en date du 02/03/2026 et ne sont donc pas valables dans le temps.

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