Nous vous proposons ci-dessous un nouveau bilan hebdomadaire des marchés de la semaine passée. Bonne lecture.
Le sourire de Pékin cachait quelque chose
Cette semaine, Donald Trump a fait le voyage à Pékin, 15 000 kilomètres aller-retour pour revenir avec 200 Boeing (Xi ayant modifié le bon de commande qui en affichait initialement 500), des accords commerciaux "fantastiques" selon ses propres termes, et une leçon de géopolitique qu'il n'avait pas commandée. Xi Jinping souriait devant la caméra de fox news qui a dû légèrement incliner son objectif vers le bas pour cadrer Donald Trump installé dans un fauteuil taillé pour un écolier face au trône impérial de Xi, l’art chinois de recevoir ses invités et de leur rappeler qui est le patron !
Mais derrière le banquet d'État et les poignées de mains, deux messages de fond ont retenti comme deux coups de semonce. Alors que Donald Trump comptait sur ce voyage pour obtenir le soutien de Pékin contre Téhéran, Xi Jinping a tenu en premier lieu à bien lui rappeler que si le sujet de Taïwan était mal traité, les deux pays entreront en conflit. Message reçu cinq sur cinq pour un Donald Trump devenu soudainement servile qui s’est exécuté dans la foulée en mettant en garde Taïwan contre toute déclaration d'indépendance.
Au final, le bilan du sommet est assez simple : la Chine a obtenu des garanties sur Taïwan, promis vaguement d'aider sur l'Iran, et commandé 200 avions au lieu de 500. Trump est rentré en revendiquant la victoire. C'est peut-être là le vrai talent de Xi Jinping : laisser son interlocuteur croire qu'il a gagné.
Les taux longs : l'autre mauvaise nouvelle de la semaine
Pendant que Trump visitait la Cité interdite, les marchés obligataires envoyaient leur propre message moins diplomatique, mais tout aussi clair. Le taux américain à 10 ans a franchi les 4,5 % vendredi, son plus haut niveau depuis un an.
De l'autre côté de l'Atlantique, l'OAT française frôle désormais les 4 %, une pensée pour notre invité de début d’année Marc Touati avec qui nous nous étions longuement penchés sur le dangereux glissement des dettes publiques et leurs conséquences inévitables sur les taux. La mécanique est simple à comprendre : une inflation à 3,8 % aux États-Unis — son plus haut depuis mai 2023 — avec une essence à 28,4 % sur un an et un steak de bœuf à +14,8 %, c'est une Fed qui ne peut pas baisser ses taux. Et une Fed qui ne baisse pas ses taux, c'est des taux longs qui restent élevés. Selon l'outil CME FedWatch, le baromètre de référence des anticipations de taux, la probabilité d'une hausse des taux d'ici décembre vient de franchir les 50 %.
En janvier, cette probabilité était de 0 C'est dans ces conditions que Kevin Warsh prend officiellement les rênes de la Réserve fédérale confirmée par le Sénat le 13 mai par 54 voix contre 45. Warsh se retrouve seul face à un FOMC de 12 membres aux convictions fermement établies. Sa meilleure option selon les économistes ?
Se ranger derrière le consensus et maintenir le statu quo au risque de décevoir celui qui l'a nommé. Sa première réunion de politique monétaire les 16 et 17 juin prochain aura valeur de test : baissera-t-il les taux pour faire plaisir à Trump et perdre toute crédibilité ou maintiendra-t-il le cap au risque de s'attirer les foudres de la Maison-Blanche ? Bienvenue à la FED, Kevin
Bonne semaine à toutes et à tous !
Rédigé par Vincent BARBIER, gérant Proximité Partenaires Conseils.

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