Nous vous proposons ci-dessous un nouveau bilan hebdomadaire des marchés de la semaine passée. Bonne lecture.
Make Oil Great Again
Dans ma jeunesse, j’adorais une série américaine culte : “The A-Team”, connue sous le nom de L’Agence tous risques. Son personnage principal, Hannibal Smith, terminait toujours ses missions par une réplique devenue célèbre : « J’adore quand un plan se déroule sans accroc. »
Donald Trump, lui, aurait sans doute apprécié pouvoir conclure son opération “Epic Fury” de la même manière seulement l’Iran a démontré une capacité de résilience qu’il avait certainement sous-estimée notamment dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial.
Résultat, le pétrole a touché les 120 dollars le baril en début de semaine dernière puis est retombé suite à une intervention du président américain qui n’a pas hésité à s’autoproclamer vainqueur, estimant que la guerre pourrait se terminer en quelques semaines et qu’il ne restait « pratiquement plus rien » des forces iraniennes.
La déclaration a suffi, dans un premier temps, à calmer les marchés et à faire refluer les prix du pétrole, mais la détente aura été de courte durée. L’Iran conserve en effet une capacité de nuisance importante dans le détroit d’Ormuz, même sans fermeture totale du détroit, la simple menace d’attaques de drones, de mines maritimes ou de perturbations du trafic maritime suffit à maintenir une prime de risque élevée sur le marché pétrolier.
Nonobstant la libération exceptionnelle d’environ 400 millions de barils issus des réserves stratégiques par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le prix du Brent est resté au-dessus des 100 dollars en fin de semaine. Cette tension sur les marchés de l’énergie commence déjà à se répercuter dans l’économie réelle.
Aux États-Unis, le prix moyen de l’essence a atteint 3,99 dollars le gallon vendredi, contre 2,50 dollars la veille du début de la guerre, ce qui complique sérieusement l’équation pour Donald Trump. Élu notamment sur la promesse de protéger le pouvoir d’achat des ménages américains, de faire reculer l’inflation et de se poser en artisan de la paix, l’escapade iranienne de Washington ressemble de plus en plus à un bourbier, rappelant à certains observateurs les impasses stratégiques du passé.
Le coût du conflit commence également à apparaître dans les chiffres. Selon le New York Times, l’opération militaire américaine « Epic Fury » aurait déjà coûté plus de 11 milliards de dollars en une seule semaine. Un rythme de dépenses particulièrement élevé qui rappelle combien les conflits peuvent rapidement peser sur les finances publiques américaines.
À titre de comparaison, la guerre en Irak avait représenté plus de 50 milliards de dollars dès la première année. Les États-Unis affichent déjà un déficit budgétaire supérieur à 6 % du PIB, tandis que la dette fédérale dépasse désormais 34 000 milliards de dollars, soit environ 120 % du PIB. Si le conflit devait durer, la facture pourrait avoir des conséquences significatives sur les déficits publics et sur l’évolution des taux d’intérêt.
Avant le début de la guerre, le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans évoluait sous la barre des 4 %. Il s’est depuis tendu pour atteindre 4,27 %, reflétant les inquiétudes des investisseurs face à la remontée des prix de l’énergie et à l’augmentation des dépenses publiques américaines.
Dans ce contexte, les banques centrales se réunissent cette semaine, au moment même où les tensions sur les prix de l’énergie réapparaissent.
Le retour du risque inflationniste pourrait en effet contraindre les autorités monétaires à changer de braquet et envisager des tours de vis monétaires. Les marchés seront donc particulièrement attentifs aux décisions, mais surtout aux messages envoyés par les banques centrales, qui pourraient donner de nouvelles indications sur la trajectoire future des taux d’intérêt.
Bonne semaine à toutes et à tous !
Rédigé par Vincent BARBIER, gérant Proximité Partenaires Conseils.

Les informations contenues dans cette newsletter sont arrêtées en date du 16/03/2026 et ne sont donc pas valables dans le temps.
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